Article publié le dimanche 22 février 2026
revu le dimanche 22 février 2026
Jargon. Amusez-moi, amusez-vous
Quant je lis quelques phrases jargonnantes, pêchées sur Linkedin (tiens, d’ailleurs de quelle école de prononciation êtes-vous ? « linne-queue-dîne » ou « lic’dinne » ou encore autre chose ?), je reste toujours un peu perplexe... Oui, je sais chaque métier s’agrippe à son jargon, mais bon.
A l’heure de l’IA, il est tentant de lui poser nos questions angoissées et angoissantes et de la laisser écrire à notre place. Perplexe ? Je laisse Perplexity m’éclairer et Gemini m’en mettre plein les mirettes. Trois petits prompts et puis lisons !
Version full franglais corporate-jargon, bien chargée. L’IA se paye gentiment les cuistres :
- *Quels best practices recommanderiez-vous pour onboarder le build & run d’une App Mobile dans un delivery model où les teams back et front sont alignées Scrum-ish dans un contexte d’Agile at scale (SAFe-friendly, obviously).
- Aujourd’hui, le build et le run sont full mutualisés dans le même board par team, ce qui génère une sprint experience un peu messy, puisque le day-to-day de la multi-versioning strategy cannibalise la value delivery et fait clairement diverger le focus from build to firefighting.
- Thanks in advance pour vos insights, feedbacks et quick wins à haute valeur ajoutée.
Version « on sort le costume beige et la photo de profil bras croisés. Voici une version subtilement toxique, très expert LinkedIn qui ne dit jamais rien de faux mais jamais rien d’utile non plus :
- Dans un contexte de delivery d’App Mobile impliquant des équipes back et front opérant en Scrum, et plus largement dans une trajectoire de transformation agile à l’échelle, quels leviers activeriez-vous pour structurer efficacement le build et le run ?
- À date, ces activités sont portées au sein d’un board unique par équipe, ce qui, dans un environnement multi-versions à forte intensité opérationnelle, tend à complexifier la dynamique des sprints et à impacter la lisibilité de la valeur délivrée, notamment côté build.
- Je serais preneur de vos retours d’expérience et bonnes pratiques afin d’outiller la réflexion autour d’un modèle plus scalable, aligné avec les enjeux de focus, de flow et de performance collective.
- Mot-clés : scalable, flow, performance collective.
Version avec buzzwords ajoutés type “transformation”. Sans toucher au fond ; personne n’ose dire que ça ne veut rien dire :
- Dans un contexte de delivery d’App Mobile impliquant des équipes back et front opérant en Scrum, et plus largement dans une trajectoire de transformation agile à l’échelle, quels leviers activeriez-vous pour structurer efficacement le build et le run ?
- À date, ces activités sont portées au sein d’un board unique par équipe, ce qui, dans un environnement multi-versions à forte intensité opérationnelle, tend à complexifier la dynamique des sprints et à impacter la lisibilité de la valeur délivrée, notamment côté build.
- Je serais preneur de vos retours d’expérience et bonnes pratiques afin d’outiller la réflexion autour d’un modèle plus scalable, aligné avec les enjeux de focus, de flow et de performance collective.*
- Mot-clés bonus implicites : scalable, flow, performance collective
.
Version post LinkedIn certifié. Question ouverte à la communauté, 37 likes, 12 commentaires inutiles :
- Dans le cadre de projets App Mobile menés par des équipes back et front en Scrum, et dans un contexte d’agilité à l’échelle, comment adressez-vous la structuration du build et du run ?
- De notre côté, ces sujets sont aujourd’hui traités dans un board commun par équipe. Si ce modèle a le mérite de la simplicité, il montre certaines limites dans un contexte multi-versions, avec un impact sur la lisibilité des sprints et le maintien du focus sur les activités build.
- Intéressé par vos retours terrain, patterns éprouvés ou points de vigilance sur ce type d’organisation.
- #Agilité #Scrum #Delivery #Product #Mobile #TransformationDigitale
- Commentaires attendus :
- “Très intéressant, merci pour le partage 👍”
- Sujet clé, hâte de lire les retours”
- “Ça dépend du contexte 😉”
Version cabinet de conseil premium qui facture la slide. On a un problème, on ne sait pas quoi faire, mais on aime que ça sonne stratégique :
- Dans un dispositif de delivery d’App Mobile impliquant des équipes back et front organisées en Scrum, inscrit dans une démarche d’agilité à l’échelle, la structuration des activités build et run constitue un enjeu clé de performance.
- À ce stade, ces activités sont mutualisées au sein d’un board unique par équipe. Dans un contexte multi-versions et fortement sollicité par l’opérationnel, cette organisation peut générer une complexité accrue dans l’exécution des sprints et une dilution progressive du focus sur les activités build à valeur ajoutée.
- Quels modèles organisationnels, mécanismes de gouvernance ou pratiques éprouvées recommanderiez-vous afin de sécuriser la delivery tout en préservant l’efficacité opérationnelle et la capacité de projection des équipes ?
La slide unique PowerPoint. Celle qui justifie un COPIL et parfaite pour conclure par « l’objectif n’est pas de trancher, mais d’ouvrir la réflexion ».
- Titre
: Optimiser l’équilibre Build / Run dans un contexte Agile à l’échelle
- Visuel (à décrire au graphiste)
Un triangle ou un cercle en 3 blocs :
- Build
Time-to-market · Innovation · Valeur produit
- Run
Stabilité · Support multi-versions · Qualité de service
- Flow (au centre, en gras)
Focus équipe · Lisibilité sprint · Performance durable
- Bullet points en bas de slide
- Mutualisation Build & Run : simplicité initiale
- Contexte multi-versions : pression opérationnelle croissante
- Enjeu clé : préserver le focus Build sans fragiliser le Run
Version réponse bullshit-type.
Je n’ai rien dit, mais je l’ai dit avec autorité :
- Sujet très intéressant, merci pour le partage
- De mon expérience, la clé réside surtout dans la clarification des priorités et la mise en place de mécanismes permettant de protéger le focus build, tout en adressant les contraintes run inhérentes aux contextes multi-versions.
- Il n’y a évidemment pas de modèle unique, mais plutôt des équilibres à trouver en fonction de la maturité des équipes et du niveau d’agilité à l’échelle.
Le thread LinkedIn en 4 paragraphes. Illusion de profondeur maximale :
- Build & Run : un faux débat ?
- Dans les projets App Mobile menés en Scrum, la question de la cohabitation entre build et run revient régulièrement, en particulier dans des contextes d’agilité à l’échelle.
- Si la mutualisation au sein d’un board unique apporte une certaine fluidité à court terme, elle peut également, dans des environnements multi-versions, générer une tension croissante sur le focus des équipes et la lisibilité des sprints.
- L’enjeu n’est alors pas tant de séparer ou non le build du run, mais de mettre en place des garde-fous permettant de préserver la capacité de delivery tout en assurant la continuité opérationnelle.
- Comme souvent en agilité, la réponse est moins dans le modèle que dans l’intention et l’alignement collectif.
La réponse de coach agile certifié SAFe™. Autorité incontestable :
- Dans des contextes d’agilité à l’échelle, il est important de ne pas opposer build et run mais de raisonner en termes de flux de valeur.
- La problématique que tu décris est fréquente lorsque les équipes atteignent un certain niveau de maturité et commencent à subir les effets du multi-versions et de la dette organisationnelle.
- Avant de faire évoluer les boards ou les rôles, je recommanderais surtout de clarifier les policies explicites, les seuils de WIP et les priorités à l’échelle, afin de sécuriser un équilibre durable.
- Commentaires attendus :
- Très intéressant comme retour d’expérience, merci pour le partage 👍
- Sujet clé dans beaucoup d’organisations aujourd’hui.
- Ça résonne beaucoup avec ce qu’on observe sur le terrain.
- Effectivement, tout est question d’équilibre et de contexte.
- Hâte de lire les autres retours de la communauté 👀
Version brutale en français simple. À ne jamais publier, socialement inacceptable sur LinkedIn :
- On mélange le build et le run dans le même backlog, du coup on passe nos sprints à éteindre des incendies, on gère trop de versions en parallèle et on n’arrive plus à bosser correctement sur le produit.
On cherche juste une façon de s’organiser qui évite ce bordel.